Sortie du recueil Le Vent des Tombes de Léonce Bert
- 5 avr.
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Il y a des livres qui se lisent… et d’autres qui se traversent.Le Vent des Tombes appartient à cette seconde catégorie.
Dans ce recueil incandescent, Léonce Bert ne propose pas simplement des textes : il convoque des forces. Ici, la parole n’est pas décorative — elle est souffle, incantation, mémoire vive. Chaque poème est un passage, chaque mot une braise encore chaude d’un monde ancien qui refuse de mourir.
De « Tous des repères » à « Le vent des tombes », l’auteur trace une odyssée intérieure et cosmique, où l’homme est appelé à se confronter à lui-même, à ses racines, à ses illusions. Le voyage devient initiation : il faut se perdre pour se retrouver, mourir pour renaître, descendre dans les profondeurs pour toucher la lumière.
Dans Ntchina, le sang devient archive sacrée ; dans Les zombies, la forêt s’impose comme dernier sanctuaire face à la folie des hommes ; dans Oïla et Erere, les arbres et le palmier deviennent piliers du monde visible et invisible. Tout est vivant, tout est relié : la terre, les ancêtres, les corps, les esprits.
Mais Le Vent des Tombes, c’est aussi un cri.Un cri contre l’oubli, contre la dépossession, contre les forces qui corrompent et dénaturent. Dans des textes comme « Garde ça pour toi » ou « Résipiscence », la plume devient tranchante, politique, sans concession. Elle dérange, elle secoue, elle refuse le silence.
Et au cœur de cette tempête, une vérité demeure :l’homme est mémoire, l’homme est passage, l’homme est responsabilité.
Porté par une langue dense, rituelle et profondément enracinée dans les spiritualités africaines, Léonce Bert signe ici une œuvre puissante, à la frontière de la poésie, du manifeste et du chant sacré. Le Vent des Tombes n’est pas un simple recueil — c’est une expérience, une traversée du visible et de l’invisible, un appel à la reconquête de soi.
Un livre qui ne laisse pas indemne.Un livre qui souffle… même après avoir été refermé.








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